Bring me october.

Bring me october.
.
- Mais quand reviendras-tu?
- Je suis en route.

Raphaëlle tire sa valise imprimée de l'encre des mers et du soleil des contrées où elle s'est échouée. Son sourire est franc et elle porte une bague au majeur, une sorte d'alliance argentée. Elle est liée à quelqu'un ou quelque chose, ça tombe sous le sens. Ses enjambées s'étirent et elle arrive à la hauteur de Gabriel.

- Je reste jusqu'à la prochaine fois.

C'est un murmure qu'il a du mal à entendre mais il sourit à ce courant d'air féminin.
.

# Posté le mercredi 30 septembre 2009 13:37

Modifié le mercredi 30 septembre 2009 14:42

All you can eat.

All you can eat.
.
- T'as quoi autour du cou ?
- Un trèfle irlandais.
- Il a quoi de mieux qu'un trèfle français ?
- Le dis à personne mais il porte chance.
- Elena, il a même pas quatre feuilles, il peut pas être magique.

Pourtant, la jeune fille y croyait et le destin le prouva moitié funestement, moitié cyniquement : le collier ne fut pas décroché du cou de sa maîtresse, pas même à son enterrement.
.

# Posté le mercredi 05 août 2009 16:29

Modifié le mercredi 16 septembre 2009 15:13

Clavarnos los ojos, bebernos a morro.

Clavarnos los ojos, bebernos a morro.
.
- J'aimerai lui manquer autant qu'elle me manque.
- Elle est partie pour combien de temps ?
- Je sais pas, je doute même qu'elle rebrousse chemin. Elle est jeune, elle veut vivre.
- Ce n'est pas une raison suffisante Gabriel.
- Ca devrait.
- T'es vraiment l'indulgence incarnée toi alors.
- Non, je suis égoïste parce que j'aimerai qu'elle ne soit jamais partie. Si je ne l'aimais pas autant, je pourrai lui jeter des sorts pour que ses pas la reconduisent au sein des contrées de mon corps. J'aimerai qu'elle pense que sans moi, elle n'est absolument rien. Je voudrai qu'elle croit que je suis indispensable à son bonheur. Je désirerai manquer à sa vie.

Isabella n'était pourtant pas bien loin mais ce détail capital, il l'ignorait de toutes pièces.
.

# Posté le samedi 01 août 2009 10:33

Modifié le dimanche 11 octobre 2009 05:23

On me dit que je suis une femme artiste.

On me dit que je suis une femme artiste.
.
- Appelle moi Raphaëlle.

Leurs sourires hâlés étaient des sources de chaleur et lorsqu'ils disparaissaient, c'était la tiédeur de la nuit qui chauffait leurs visages respectifs. La moiteur les emportait sur la piste de danse et leurs pupilles dansaient sans se quitter de l'oeil, comme deux cuivres amoureux. Il y avait deux paires de prunelles qui flirtaient, une dorée et une châtaigne. Quand elles se sont délaissées, ça a fait naître des étincelles couleur safran, aux teintes ambrées électrifiantes.
.

# Posté le jeudi 30 juillet 2009 17:14

Modifié le mercredi 16 septembre 2009 16:01

40

40
.
Le Papillon, ayant tournoyé
Dans les volutes de l'été,
Se trouva fort amoindri
Quand le règne du soleil fut aboli :
Pas un seul petit bourgeon
Ne restait de l'estivale saison.
Il alla quémander asile
Chez l'Abeille sa compagne volatile,
La conjurant de lui accorder
Quelque nectar pour perdurer
Jusqu'au renouveau printanier.
- Vous serez, s'écria-t-il, gratifiée,
De votre générosité envers moi,
Tout ami étourdi que je sois.
L'Abeille n'aime pas l'indolence :
C'est là sa principale déficience.
- A quoi vous prêtiez-vous à l'époque embrasée ?
Demanda-t-elle à cet infortuné.
- Durant toutes ces dorées semaines
Je voletais, ne vous indispose.
- Vous papillonniez ? c'est une apothéose !
Eh bien, continuez de voltiger sans peines.



Le Papillon et l'Abeille
.

# Posté le lundi 27 juillet 2009 03:39

Modifié le dimanche 29 novembre 2009 14:24